CAN 2012, MALI-COTE D’IVOIRE, 0-1 : Les Aigles séduisent, mais s’inclinent
08-02-2012
Une seule victoire (en 1978) en 21 matches, toutes confrontations confondues, contre 14 aux Ivoiriens ! C’est cette fâcheuse tendance que les Aigles du Mali se devaient de renverser aujourd’hui, 8 février 2012, face aux Eléphants de la Côte Ivoire. Pour se mettre à l’abri des pattes et des trompes des pachydermes, les Aigles avaient intérêt à voler très haut. Un défi qu’ils devaient relever malgré un pronostic défavorable, mais sous les regards Pelé et Michel Platini aux côtés d’Aly Bongo Ondimba et du Ministre de la Jeunesse et des Sports, Djiguiba Kéita alias «PPR». Hélas ! Les Eléphants ont confirmé leur suprématie. Mais, les Aigles n’ont pas démérité. Notre sélection nationale a réalisé une CAN satisfaisante et encourageante. Elle a montré beaucoup de signes d’espoir, surtout un nouvel état d’esprit ! Nous pouvons compter sur cette formation pour l’avenir ! « Ce qui est important pour nous, c’est la récupération. On a joué un jour plus tard, 30 minutes de plus avec la tension nerveuse des penalties. Après, face au talent, il n’y a pas beaucoup de remède. Malgré cela, il faudra mettre en place un dispositif collectif, une organisation pour faire face et éviter les désagréments de cette équipe » ! C’est ce qu’avait souligné le coach des Aigles du Mali, Alain Giresse, à la veille de cette rencontre. Un avis partagé par de nombreux autres techniciens comme Denis Lavagne du Cameroun. Le sélectionneur était aussi conscient qu’il fallait surveiller les Eléphants comme du lait sur le feu. Celan était d’autant nécessaire que nos adversaires ont essayé de nous prendre à la gorge dès l’entame de la partie. Harcelés par la bande à Zahoui François, Cédric et ses coéquipiers laissent passer l’orage et s’organisent petit à petit pour répliquer. Hélas, la Côte d’Ivoire ouvre le score à la 45 minute sur une fantastique chevauchée de Gervinho Yao (l’homme du match) sur près de 70 mètres. Le virevoltant milieu offensif a profité d’une loupée d’Ousmane Berthé. Cette seule course a prouvé que les Ivoiriens étaient non seulement plus frais que les nôtres, mais ils étaient aussi plus expérimentés. Si le buteur ivoirien a été sacré l’homme du match, Soumbeyla Diakité a été reconnu comme le joueur le plus Fair-Play de la rencontre. Malgré une seconde période héroïque, les Aigles ne parviendront plus à remettre les pendules à l’heure. Ils s’inclinent donc par 0-1. Une défaite qui met fin à leur parcours satisfaisant et encourageant à cette 28e phase finale de la CAN « Gabon-Guinée Equatoriale 2012 ». Malgré leur volonté et leur détermination, les protégés d’Alain Giresse ont sans doute fait les frais du jour de récupération de moins et la prolongation face au Gabon (1-1, 5-4 aux t.a.b). Comme le soulignent plusieurs consultants présents à Libreville, « le Mali a disputé son meilleur match de la CAN. Cette jeune formation a fait aussi une étonnante et prometteuse projection sur l’avenir. Elle monte en puissance ». « Les Maliens ont joué un quart de finale éprouvant contre le Gabon. Cette qualification n’a malheureusement pas effacé les effets de la fatigue. Cela dit, la Côte d’Ivoire était supérieure dans tous les domaines », analyse Rabah Sâadane, ancien sélectionneur de l’Algérie, sur un site web. C’est dire que les Aigles n’ont pas à rougir de cette 15e victoire ivoirienne en 22 matches. Même s’ils ne réalisent pas leur rêve d’une finale, 40 ans après Yaoundé 72 (Cameroun), les Aigles ont rempli leur contrat dans une compétition où ils n’étaient pas annoncés favoris. Maintenant, ils doivent se reconcentrer pour le match de classement contre le Ghana à Bata (Guinée Equatoriale). Une retrouvaille entre les deux formations qui s’étaient qualifiées dans la poule D de Franceville. Leur première opposition avait été remportée par les Blacks Stars par 2-0. Mais, cette dernière rencontre n’est pas sans enjeu pour notre Equipe Nationale qui, en se classant 3e, va aussi démontrer qu’elle n’est pas scotchée à la 4e place comme meilleure performance depuis Yaoundé 72. A Malifoot et à l’encadrement technique de préserver ce nouvel état d’esprit qui anime les Aigles pour aborder des échéances importantes que sont les éliminatoires de la CAN 2013 et la Coupe du monde 2014 au Brésil. Moussa Bolly Depuis Libreville
CAN 2012 : Seydou Kéita veut la paix pour Mali
06-02-2012
Après la victoire des Aigles face aux Panthères du Gabon en quart de finale de la CAN 2012, Seydou Keita a lancé un appel en faveur de la paix au Mali. Malgré la qualification de son pays, le milieu de terrain est attristé par les combats entre l’armée malienne et les rebelles touaregs.
« On devrait être contents mais on est tristes par rapport à tout ce qui se passe au Mali », a souligné à la presse un Redoublent ému aux larmes. Malgré que son équipe soit qualifiée pour les demi-finales de la CAN 2012, ce 5 février 2012 à Libreville, le milieu de terrain du FC Barcelone affichait une joie contrariée. Pour lui, rien ne vaut la paix pour un pays pauvre comme le tient.
Hélas, depuis la mi-janvier, l'offensive lancée par des rebelles touaregs contre nos forces armées et des sécurités a fait beaucoup de morts, de nombreux blessés et des milliers de déplacés. Cette pièce maîtresse de l’Equipe Nationale du Mali est donc naturellement touché par la crise qui frappe son pays alors, chose rare, il a pris la parole.
« On n’est pas habitués à tout ça. Ce sont des moments très difficiles. Je ne dis pas ça seulement pour les joueurs mais pour tout le peuple malien. Tout ça n’est pas normal. Certes le président de la République (Amadou Toumani Touré) fait le maximum. Mais, nous voulons qu’il fasse encore plus. Qu’on soit du Nord, du Sud, de l’Ouest ou de l’Est, c’est pareil : on est tous Maliens. Nous ne sommes pas habitués à faire des différences entre-nous », a-t-il déploré devant la presse.
Même s’il s’est dit heureux d’affronter la Côte d’Ivoire en demi-finale de la CAN 2012, le 8 février prochain, Seydoublen pense qu’aujourd’hui l’essentiel est vraiment ailleurs: « Nous ne connaissons que la paix et nous en voulons que la paix pour notre pays. C’est pour ça que je lance un appel. Il faut que les gens au Nord arrêtent de s’entretuer…Le football n'est qu'un jeu. Il n'y a rien de plus important que la vie », conclu ce cadre précieux pour ses jeunes coéquipiers de l’Equipe Nationale du Mali.
Quelques jours avant ce match Gabon-Mali, Seydou avait également profité de d’une interview pour mettre fin à un débat sur le capitanat dans sa sélection. En effet, certains médias internationaux avaient essayé ces derniers jours de pourrir l’ambiance au sein de notre E.N avec cette question résolue depuis très longtemps. « Je n’ai pas voulu être capitaine pour éviter pas mal de problèmes dans l’équipe. Ce que moi je veux c’est la sérénité autour de l’équipe, c’est pourquoi j’ai évité le brassard », a précisé Seydou Kéita, le chouchou des supporters au Gabon.
Alphaly
Depuis Libreville
CAN 2012, GABON-MALI : La maîtrise technique des Aigles l’emporte sur la fougue des Panthères
05-02-2012
Sur un nuage et portés par une ferveur sans précédents, les Panthères du Gabon rêvaient d’accéder au dernier carré de la 28e phase finale de la Coupe d’Afrique des nations de football que leur pays co-organise avec la Guinée Equatoriale. Ce qui aurait été une première pour le football gabonais. Malheureusement pour eux, les Aigles avaient la même envie, n’avaient pas autant de pression que leurs adversaires. Faisant preuve d’une séduisante maîtrise technique et tactique, Cédric Kanté et ses coéquipiers poursuivent l’aventure après s’être imposés aux tirs au but par 5-4 (1-1).
Après un début équilibré, les Panthères ont pris un léger ascendant sur la rencontre. Cela parce que les Aigles ont progressivement baissé leur rythme de jeu. Les Gabonais vont ainsi logiquement se créer les meilleures occasions de cette première mi-temps, notamment par Daniel Cousin, Pierre Aubameyang et Eric Mouloungui qui vont se retrouver plusieurs fois en position idéale d’ouvrir le score resté vierge à la fin des 45 premières minutes.
A la reprise, les Gabonais maintiennent la pression et ouvrent le score à la 55e minute par Eric Mouloungui. Le coach des Aigles, Alain Giresse, procèdent alors à quelques changements, en faisant notamment rentrer Moustapha Yattabaré à la place d’Abdou Traoré. Et Samba Sow a laissé sa place à Cheick Tidiane Diabaté. Une rentrée judicieuse parce que c’est l’attaquant des Girondins de Bordeaux qui obtint l’égalisation à la 84e minute sur une déviation de Modibo Maïga.
Le score ne change pas jusqu’à la fin du temps règlementaire. Les deux sélections s’imposent alors 30 minutes de prolongations puis l’épreuve fatidique des tirs au but.Plus adroits, les Aigles s’imposent alors par 5 tirs à 4 et se qualifient pour les demi-finales pour la 5e fois de leur histoire. C’est le Stéphanois Pierre-Emerick Aubameyang qui a raté le pénalty décisif pour sa sélection. Face à la détermination et à la fougue des Panthères, les Aigles ont surtout fait montre d’une fascinante aisance tactique et technique pour briser le rêve gabonais. Les Aigles ne sont jamais tombés dans le piège de leurs adversaires qui voulaient leur imposer leur rythme de jeu.
Malgré leurs atouts et le soutien de 40 000 supporters, dont le couple présidentiel, les hôtes se méfiaient des Aigles maliens. Ils se méfiaient surtout d’Alain Giresse qui a entraîné les Panthères pendant quatre ans avant d’être remercié malgré ses excellents résultats. Hélas, ilsne se sont pas trompés.
Les protégés d’Alain Giresse ont joué sans pression et sans précipitation.Les Aigles vont affronter les Eléphants de la Côte d’Ivoire en demi-finale. Une autre paire de manche qu’ils doivent aborder avec les mêmes dispositions mentales !